dimanche 6 décembre 2015

Rappel : AAC Humanités et SIC - RFSIC n°8

RFSIC N° 8 – Appel à contributions

Humanités Numériques et Sciences de l'Information et de la communication


Coordination : Julia Bonaccorsi, Valérie Carayol, Jean-Claude Domenget


Les sciences de l’information et de la communication ont de longue date développé des théories et des paradigmes qui permettent de saisir et d’analyser les enjeux sociaux liés au « numérique » (numérisation, informatisation, TIC) : qu’il s’agisse des travaux ayant souligné les implications des systèmes d’information informatisés dans l’organisation du travail, ceux portant sur les mutations médiatiques de la communication, ceux analysant les relations entre technique et société à travers les usages des dispositifs d'information et de communication, ceux encore interrogeant les discours de la société de l’information, ceux abordant les industries culturelles ou encore les médiations liées à la numérisation documentaire…
L’observation des transformations de la circulation des savoirs et de la communication par le numérique est ainsi au cœur des SIC, impliquant non seulement la construction de cadres opératoires théoriques, mais également une pratique empirique du numérique dans les objets analysés et les méthodes, et ce, par les angles croisés des approches documentaires et informationnelles, socio-économiques, interprétatives et sémiologiques…
Aujourd’hui, ces questions sont rendues visibles dans le champ des Humanités Numériques parfois considéré comme un nouveau champ de recherche, une transdiscipline, une « postdiscipline », une « zone d'échange » entre disciplines ou encore un mouvement de renouveau des SHS symbolisé par le Manifeste des digital humanities en 2011 entre autres.
La visée de ce dossier est de décrire le carrefour entre SIC et humanités numériques, souhaitant interroger ce qu’ont produit de spécifique les SIC sur les questions abordées par les chercheurs se réclamant des humanités numériques. Quels cadres théoriques ont été éprouvés ? Quelles avancées particulières seraient propres aux SIC dans un contexte où la pluridisciplinarité est constitutive des projets identifiés humanités numériques ? Autrement dit, il s'agit de s'intéresser à ce que les SIC ont à dire des humanités numériques tout autant qu’à ce que les humanités numériques apportent à la réflexion en SIC.
Plutôt que la définition d’un positionnement ou d’une identité disciplinaire, nous souhaitons réunir des travaux de recherche autour de trois principaux axes dans la perspective de faire émerger des synergies.
  1. Le premier axe proposé concerne tout d’abord notre métier de chercheur travaillant sur les phénomènes info-communicationnels : quels changements dans les pratiques de recherche sont induits par les projets en humanités numériques ou plus largement en lien avec le numérique (l’innovation par exemple) ? Sommes-nous face à une transformation des savoirs et des compétences ? Les travaux attendus pourront éclairer la dimension organisationnelle des projets (acteurs, métiers, discours), des métiers et des pratiques, comme leur dimension interdisciplinaire.
  2. Le deuxième axe est celui des possibilités offertes par le numérique dans la pratique même de la recherche : dans une visée réflexive, il s’agit ainsi de questionner les formes de connaissances produites à travers des expériences. A travers l'analyse des méthodes mises en place, en fonction des objectifs visés, l'accent pourra être mis sur les conditions de production et de recueil des données, leurs dimensions quali-quantitatives, la manière de les traiter. Il est attendu que soient analysées les spécificités des terrains et des méthodes construites, et les questionnements épistémologiques suscités par la mutation des pratiques. Par exemple, les travaux pourront porter sur l’importance des processus d’automatisation des processus de recherche, de l’algorithmie et des Big Data.
  3. Le troisième axe souhaite encourager les propositions décrivant les problématiques critiques, éthiques, anthropologiques, que les SIC ont travaillées à propos de la numérisation de la société. Il pourra s’agir d’un regard diachronique revenant sur des recherches menées ces trente dernières années, comme de recherches contemporaines et plus ciblées sur des questions vives. Les réflexions proposées pourront interroger, par exemple, les enjeux autour de la culture numérique et/ou la culture du numérique, les liens entre innovations techniques, pratiques communicationnelles et processus démocratiques, les enjeux pour la science des pratiques participatives, ou des pratiques dite de « l’open science », etc.
Les articles proposés pour ce numéro de RFSIC sont des articles complets.
Sans être un critère trop restrictif, ils feront entre 40000 et 50000 signes, espaces compris, hors bibliographie. Les auteurs doivent fournir une courte biographie (comprenant un courriel), un résumé et des mots-clés en français et en anglais voire dans une troisième langue.
Il est attendu une hiérarchisation de l'article avec des sous-titres de niveau 1.1 maximum.
La norme bibliographique est du type
NOM Prénom, « Titre de l’article », Nom de la revue, 2002, n° 2, p. 34-45 ou du type, pour un ouvrage, DUBY Georges (dir.), Histoire de la France urbaine. 1, La Ville antique : des origines au XIe siècle. Paris, Seuil, 1980 (le nombre de pages n'est pas indispensable). La qualité de l'écrit (lisibilité, syntaxe, orthographe et coquilles) est un critère d'évaluation.
Les textes seront évalués en double aveugle.
Les consignes de rédaction et d’évaluation complètes sont disponibles à l'adresse suivante : http://rfsic.revues.org/401.
Calendrier
  • articles complets pour le 15 décembre 2015
  • avis le 4 janvier 2016
  • deuxième version de l’article pour le 15 janvier 2016
  • Numéro à paraître début 2016

Les propositions sont à adresser à :